
Pr. Mohammed Ali Drissa
Président de l'Université de Kairouan
L’Université Tunisienne fête le cinquantième anniversaire de sa création. Les universitaires et le peuple tunisien se doivent de célébrer cet événement hautement symbolique dans l’allégresse, l’enthousiasme et la sérénité.
Que de chemins parcourus depuis 1958, mais la vision, la stratégie, la démarche n’ont pas changé. D’entrée de jeu, la Tunisie a choisi d’investir prudemment mais résolument le champ de la connaissance et du savoir, c’est la voie la plus sûre pour assurer le développement du pays. Ce pari sur la science et le savoir a un prix. Plus d’un quart du budget général de l’état va aux ministères de l’Education et de l’Enseignement Supérieur, compte non tenu des budgets consacrés à la formation professionnelle à la jeunesse, aux sports et à la culture. Il s’agit d’un chiffre record.
Cet effort considérable, nous le consentons depuis 50 ans et il est loin d’être fini car pour la Tunisie indépendante, la Tunisie du changement, l’éducation, l’enseignement constituent la priorité des priorités et du coup, la création de l’Université tunisienne est apparue comme une véritable urgence dès 1958. Il n’est pas nécessaire d’insister sur le fait que notre pays a opéré dès les premiers jours de son indépendance un choix stratégique fondamental : le développement du pays passe nécessairement par la généralisation de l’enseignement pour combattre l’analphabétisme et engager la nation dans la voie du progrès et de la modernité.
L’Université a été créée pour soutenir la politique dynamique de démocratisation de l’enseignement et l’effort de développement intégral dans lesquels le pays s’est résolument engagé. Sa mission est claire : doter la Tunisie d’un capital humain instruit et de qualité et d’une élite intellectuelle et administrative pour veiller aux destinées du pays et assurer la pérénité de son indépendance. Les moyens sont réduits, très réduits – qu’importe !.